La ferme miracle, ou comment faire un verger permaculturel.

La ferme miracle, ou comment faire un verger permaculturel.

Un verger permaculturel.

Voici des petits conseils extraits d’une conférence de Stéfan Sobkowiak sur la transformation d’un verger biologique en verger permaculturel.

 

Le verger permaculturel permettra de travailler dans un lieu inspirant avec :

– Moins de travail

– Plus de rendement

– Plus de plaisir.

Il faudra beaucoup de patience. Il y aura des jours de joie avec de belles surprises et des jours plus compliqués avec des désastres « naturels »

Dès le début, dans un verger permaculturel,  il faut :

– Penser à mettre des nichoirs partout ! Au moins 50 par hectare.

– Protéger sa pépinière, surtout si une couche de neige peut la recouvrir.

La nature est bien faite, on ne peut pas faire mieux que la nature. Il faut s’en inspirer car elle a surmonté l’épreuve du temps. On se doit de diversifier et ne pas tuer, car en tuant ce qui nous pose problème, on tue 99 % de ce qui peut nous servir.

Il est préférable d’aller vers un modèle plus harmonieux avec la nature en allant vers un design de polyculture et en favorisant l’implantation des auxiliaires. En travaillant avec la nature, on évite les intrants.

Voici quelques principes du verger permaculturel :

– Bouger les mangeoires une fois toutes les deux semaines (de 30 mètres) afin de favoriser la recherche des larves par les oiseaux. Un oiseau lâchera une graine s’il voit une larve.

– On peut estimer à 10 % la perte de fruits dû aux oiseaux. Mais c’est une perte très faible comparée aux bienfaits de leur prédation sur les nuisibles.

– Planter les rangées de fruitiers par date de cueillette afin de faciliter les récoltes, la gestion.

– Alterner 3 arbres différents ( fixateur d’azote / Pommier / poirier – pêche), chaque trio qui se succède sera différent du précédent.

– 2 mètres d’espacement entre chaque arbre peut suffire.

– Chaque rang commencera par un arbre différent. Afin d’avoir des fixateurs d’azotes en quinconce. – On peut par exemple, remplacer dans une rangée sur deux les pommiers par des pruniers. Le but étant que deux arbres identiques ne se touchent jamais.

– Fixateurs d’azotes : des féviers (sans épines) qui se multiplient par graine à 97 % sans épine. Le robinier, l’aulne, argousier, …

– Les trios sont pensés dans la rangée mais également accompagnés sur plusieurs étages de végétation. (arbustes fruitiers, sauge, romarin, vivaces, …).

– Pour deux trios d’arbres (4 fruitiers plus deux fixateurs d’azote) il faut entre 6 et 24 arbustes, et environ 96 plantes vivaces ou annuelles pour couvrir le sol. Les vignes et les kiwis grimpent dans les fixateurs.

– Dans les allées on peut faire les volailles, des lapins, … pour manger l’herbe, les nuisibles et fertiliser.

Les avantages du verger permaculturel par rapport à un verger biologique en mono espèce :

– Les chenilles ne sont plus un fléau.

– Moins de travail (6h de désherbage par 1/2 hectare et par an). Quand on enlève une mauvaise herbe, on la remplace par une autre plante. (présence d’une bâche)

– Des récoltes plus étalées sur l’année.

– Une production totale plus élevée sur une même surface et plus diversifiée.

Voici une petite vidéo pour illustrer les propos :

Il y a 20 ans, Stefan Sobkowiak se porte acquéreur d’un verger de pommiers conventionnel dans le but d’en faire un verger bio. Il se rend vite compte des limites du modèle “bio”, toujours basé sur la monoculture. Stefan décide donc d’arracher la plupart des arbres et de replanter en s’inspirant des principes de la permaculture. Il crée ainsi un verger permaculturel : oasis d’abondance et de biodiversité qui compte plus de 100 variétés de pommes, plusieurs types de poires, prunes, cerises ainsi qu’une myriade de petits fruits, légumes et autres.

 

Voici la vidéo de la conférence du verger permaculturel de 2014 :

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Pourquoi et comment cultiver sans travail du sol avec un couvert permanent ?

Pourquoi et comment cultiver sans travail du sol avec un couvert permanent ?

Dans beaucoup de vidéos, d’articles et de livres, on nous dit souvent qu’il ne faut pas travailler le sol, qu’il faut le pailler, ne pas le laisser “nu”.

Je pense aussi depuis de nombreuses années qu’il faut imiter la nature, en particulier le modèle forestier qui produit de l’abondance dans un cycle naturel autonome avec un sol qui n’est jamais travaillé par un outil et qui est toujours couvert.

Cependant je n’avais jamais vraiment compris à quel point ce modèle pouvait être vraiment réalisable et pour quelles raisons il fallait l’imiter ?

Mais je commence à mieux comprendre depuis que j’ai vu les vidéos de la formation de maraichage sur sol vivant : la fertilité des sols pivot des pratiques agroécologiques en maraichage animée par Konrad Schreiber qui date de 2016.

Ça pousse tout seul ! Pourquoi ?

Dans sa formation, il part de l’exemple de la colonisation d’une parcelle laissée à l’abandon par les adventices qui au fil des années se transformera en forêt. Au fur et à mesure des explications de cette colonisation, on découvre les systèmes naturels productifs et autosuffisants. Puis les liens sont faits avec l’agriculture et l’on comprend les pourquoi et les comment du maraichage (jardinage) sur sol vivant non travaillé.

Je vous conseille de regarder la playliste suivante, mais prévoyez plusieurs heures devant vous. Certaines parties sont assez techniques, mais au final on comprend bien l’idée et les principes :

Si je devais résumer en quelques phrases cette formations, voici ce que j’en dirai :

  • La couverture permanente du sol est indispensable.
  • C’est encore mieux de prévoir une couverture de mulch complétée par des plantes vivantes (culture / inter-culture / engrais verts).
  • Le mulch d’herbe verte et fine = sucre très rapide, le mulch de bois dur = sucre très très lent.
  • Il faut compter 5 ans pour obtenir un système à très haut rendement.
  • Ne jamais travailler le sol pour préserver sa structure et sa vie.
  • On peut incorporer du BRF dans le sol la première année si son sol est très dégradé, cet enrichissement en matière organique aura un effet bénéfique à long terme.
  • Les légumineuses fixent beaucoup d’azote dans leur partie aérienne, mais pas au niveau des racines, il est donc important de mulcher avec les parties aériennes des légumineuses.
  • Les relations symbiotiques sont très importantes et nombreuses dans un sol vivant.
  • La symbiose entre des racines et des mycélium permettront aux plantes de pouvoir absorber de l’eau qui en temps normal leur serait inaccessible.
  • Toutes les galeries créées par la vie du sol permettront une meilleure absorption de l’eau d’une part et permettra aux racines d’accéder très rapidement au sous sol afin de pouvoir s’hydrater.

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Fiche-découverte sur la permaculture

Fiche-découverte sur la permaculture

Ce texte est extrait d’un livret sur les forêts nourricières, écrit par Norbert Fond et diffusé par GreenFriends-France (plus d’informations : contact@greenfriends-france.org)

Qu’est-ce que la permaculture ?

 

Il existe autant de définitions de la permaculture que de personnes qui la mettent en pratique. Cependant, pour appréhender ce concept, il est possible de s’intéresser à son origine : la permaculture est née de la volonté d’utiliser la nature comme un modèle pour créer et agencer notre propre habitat. Cette idée s’inspire du fait que la nature étant par définition durable, en parvenant à comprendre comment un écosystème naturel fonctionne, il devient possible d’appliquer cette connaissance pour créer un monde pérenne.

La permaculture est une science permettant de créer des systèmes pouvant répondre aux besoins des êtres humains tout en respectant les cycles naturels de la terre, de l’air et de l’eau. Elle consiste à concevoir, aménager et planifier un lieu afin qu’il soit capable, par son existence propre, de produire plus d’énergie qu’il n’en consomme. Le système doit permettre de créer un surplus suffisant pour pouvoir remplacer les éléments qui le composent avant que ceux-ci n’arrivent en fin de vie.

 

Exemple de la forêt

La forêt est un exemple concret de fonctionnement naturellement durable. Elle ne nécessite aucune ressource extérieure : ni pesticides, ni herbicides, ni même engrais. Le soleil, l’eau, l’air et les minéraux provenant de la dégradation de la roche du sous-sol sont les seuls éléments dont elle dispose. Quelle est la clé de ce succès ? Qu’est ce qui fait qu’un écosystème fonctionne et perdure ?

La diversité ne signifie pas un nombre important d’espèces différentes ! Il ne suffit pas de mettre ensemble des milliers d’espèces végétales et animales pour obtenir un écosystème. Ce qui fait qu’un écosystème fonctionne, c’est la diversité des relations bénéfiques existant entre les éléments qui le composent.

Dans le cas d’une forêt, une espèce de plante crée par exemple un abri pour une autre en la protégeant du vent et en maintenant l’humidité qui lui est nécessaire pour survivre. Une autre plante, grâce à une coopération avec certaines bactéries du sol, fixe de l’azote provenant de l’atmosphère et en restitue à ses voisines. Des champignons extraient des minéraux du sol et l’échangent avec des plantes contre des sucres. Des insectes pollinisent les fleurs en échange de nectar, etc…

Il est donc important de retenir que tous les écosystèmes naturels sont composés d’un vaste réseau d’interconnexions positives entre les éléments qui les composent : c’est cela qui permet d’aboutir à une productivité importante sans l’apport d’aucun intrant extérieur (engrais, pesticides, intervention humaine etc).

En application

La permaculture cherche à maximiser ce principe, qui peut s’appliquer à tout type d’élément que nous souhaitons intégrer dans notre système.

Prenons par exemple le cas d’une serre. Son emplacement jouera sur les interconnexions qu’elle pourra avoir avec les autres éléments.

Dans le cas d’une serre disposée seule au milieu du jardin, la chaleur accumulée pendant la nuit est diffusée dans toutes les directions, ce qui a pour conséquence son refroidissement rapide.

Par contre, si elle est adossée à un mur de la maison, celui-ci absorbe la chaleur durant le jour et la restitue lentement durant la nuit. Cela permet de garder la serre à l’abri des gelées pendant l’hiver et permet aux plantes de continuer à pousser sans autre chauffage par combustion (fioul ou bois). De plus, la maison bénéficie de la chaleur accumulée dans la serre durant la journée, y réduisant aussi les besoins en chauffage. Enfin, les habitants de la maison profitent d’un espace abrité ouvert sur l’extérieur les jours de mauvais temps. Les semis pour le jardin ont ainsi toute l’attention nécessaire pour démarrer parfaitement car il suffit de traverser une pièce pour prendre soin d’eux.

 

Historique de la permaculture

Les principes de la permaculture ont été utilisés depuis des milliers d’années et le sont encore aujourd’hui dans différentes régions du monde, par des personnes n’ayant jamais entendu parler du terme de permaculture. Par exemple, les Chagga du nord de la Tanzanie, ou encore les habitants de la région de Kandy au Sri Lanka, cultivent des jardins qui ressemblent à des versions modifiées de la forêt naturelle. Des arbres, des vignes, des buissons, des plantes médicinales et des légumes poussent ensemble. Chaque plante est placée de manière à produire les conditions nécessaires au développement requis par une autre. Il en résulte des jardins luxuriants à haute productivité ne nécessitant aucun apport extérieur et très peu d’entretien. Ces jardins offrent en partie ou totalité la nourriture nécessaire à la communauté mais aussi la pharmacie, des fibres et des légumes destinés à la vente. Tout ceci sur une très petite surface.

 

C’est au cours des années 70 que le mot « permaculture » a été inventé par deux Australiens : Bill Mollison et David Holmgren. Dans les années 90, Bill Mollison et Reny Slay ont écrit Introduction à la permaculture. Ils donnent alors la définition suivante :

« […] un système basé sur le design permettant de créer des environnements humains durable. Le mot lui même résulte non seulement de la contraction du mot permanent et agriculture mais aussi de permanent et culture. Il va en effet de soi que la pérennité d’une civilisation et donc de sa culture, passe inévitablement par l’aspect durable de son agriculture et du rapport éthique qu’elle entretien avec la terre. Dans un premier abord la permaculture a à voir avec les plantes, les animaux, les constructions et les infrastructures (eau, énergies, consommation). Cependant, la permaculture n’étudie pas ces éléments pour eux même mais plutôt les interactions que l’on peut créer en fonction de leur agencement sur le terrain ».

L’éthique de la permaculture

Alors que Bill Mollison et David Holmgren définissent la permaculture en Australie, Masonabu Fukoka au Japon développe l’idée d’une agriculture naturelle qu’il décrit dans son livre La révolution d’un seul brin de paille. Bill Mollison en dit alors : « Fukoaka a peut être le mieux défini les bases de la philosophie de la permaculture. En bref, c’est une philosophie consistant à travailler avec la nature, plutôt que contre elle… »

 

La permaculture est un mouvement populaire, une véritable philosophie de vie guidée par une éthique et des principes. On peut résumer cette éthique en 3 points majeurs :

 

Prendre soin de la terre

Autrement dit la protection de tout ce qui vit et ne vit pas. Les animaux, les végétaux et leur diversité, le sol, l’atmosphère, l’eau, etc. Cela implique la mise en place d’activités ne détruisant pas l’environnement, une juste utilisation des ressources et par conséquent une juste manière de vivre.

 

Prendre soin des hommes

Autrement dit la prise en compte des besoins primaires des êtres humains, comme la nourriture, un abri, l’éducation, un emploi décent, etc. Cet aspect est très important car malgré le fait que nous ne représentions qu’une infime part de vie sur le tout planétaire, nous avons un impact considérable sur celui-ci. Dès lors que nous parvenons à combler nos besoins primaires, il n’est pas nécessaire d’avoir des pratiques détruisant à large échelle la vie sur cette Terre.

 

Partager équitablement les ressources

Autrement dit, lorsque nous avons pris soin de combler nos besoins primaires tout en faisant de notre mieux pour créer un système durable, étendre notre influence de manière à aider les autres à parvenir à cet état. Les surplus en temps, en argent et en énergie dégagés grâce à un système efficace doivent êtres réinjectés dans les deux premiers points.

Les principes de la permaculture

Les principes utilisés en permaculture sont nombreux, en voici quelques un à titre d’exemple.

 

Le problème est une opportunité

Il y a un aspect positif et négatif dans chaque chose, c’est la manière dont on la regarde qui nous fait percevoir la situation comme étant un avantage ou un inconvénient.

 

Chaque élément doit avoir plusieurs fonctions

Pour être optimisé, un même élément doit avoir plusieurs fonctions

 

Chaque fonction doit être supportée par plusieurs éléments

Ainsi, une fonction importante du système sera maintenue même si une partie des éléments qui la supportent ne fonctionne plus. Par exemple, plus nous aurons d’éléments dans le système pouvant nous offrir un approvisionnement en eau, moins notre production dépendra des aléas climatique (baissières, collecte via le toit, puits, etc.).

 

Stocker l’eau et les éléments fertilisant le plus haut possible sur le terrain

On utilise la gravité pour amener les éléments à l’endroit ou l’on en a besoin sans utiliser aucune énergie supplémentaire.

 

Ne produire aucun déchet

Un déchet est considéré comme tel tant qu’il ne devient pas une ressource pour quelque chose d’autre.

 

Commencer à petite échelle et lentement
Plus nous voyons grand, plus il sera difficile de se relever de la chute. A petite échelle on peut se permettre d’échouer et de recommencer rapidement, de manière créative et enthousiaste.

Méthodes de Design

La permaculture n’est pas une simple technique (= comment on fait quelque chose = une seule dimension), ce n’est pas non plus une stratégie (= comment on fait quelque chose et quand = deux dimensions ).

La permaculture, à l’image de la nature, est multidimensionnelle. Le design met en valeurs cet aspect à travers l’agencement des éléments entre eux permettant de créer un maximum d’interactions positives. C’est en quelque sorte une toile ou tout est connecté de manière consciente.

 

1. L’analyse fonctionnelle des éléments

Le but est ici d’étudier chaque élément pour en connaître les besoins, les produits et les caractéristiques propres. Le système doit utiliser ce qui est produit par un élément, mais il doit également être en mesure de combler les besoins de ce dernier. De cette manière, il n’y aura pas de déchets car ils seront transformés en ressources. Le système fonctionnera en cercle fermé et aura la capacité de se renouveler à l’infini.

2. L’observation

La nature est notre professeur, elle offre des exemples, des leçons. En observant attentivement notre environnement, on sera à même de créer un bon design. On recommande ainsi d’observer un site au moins un an avant de commencer à travailler sur le design.

Par exemple, en identifiant les plantes présentes sur le terrain, on est en mesure de savoir quelles espèces peuvent être cultivées avec succès.

 

3. L’identification des zones

Le terrain entourant le lieu de vie central est découpé en plusieurs zones. Ces zones sont définies selon leur facilité d’accès (distance vis-à-vis de l’habitation, pente) et de leur orientation solaire (ombres, expositions au soleil levant ou couchant, etc.).

Généralement, cinq zones sont définies :
La zone 1 représente le centre d’énergie du système. C’est le lieu où les hommes seront le plus souvent présents, comme l’habitation par exemple. C’est donc la place qui comporte le plus de visites mais aussi celle où il y a la densité d’éléments la plus élevée. Nous y trouvons ainsi des éléments ayants une valeur importante et qui demandent une attention particulière comme le potager.
La zone 2 est un peu plus grande en taille. Elle comporte moins d’éléments et ceux-ci nécessitent moins d’attention, donc moins de visites à l’année. C’est ici que l’on trouve la forêt nourricière, mais aussi les cultures fournissant l’alimentation de base (pomme de terre, choux par exemple).
La zone 3 est également plus grande et l’on y trouve les pâturages pour les animaux, les barrages retenant l’eau pour l’irrigation. C’est ici que l’on cultive sur de grandes surfaces des plantes comme le blé, le tournesol, etc.
La zone 4 est encore plus grande. Y sont développés des systèmes d’agroforesterie. De telles forêts produisent du bois de construction et du bois de chauffage, fournissent de la nourriture pour les abeilles, etc. Le système est ici très simplifié car il demande un minimum d’attention compte tenu de la distance le séparant du centre d’énergie.
La zone 5 est laissée à la nature, c’est la « forêt sacrée » ou le sauvage peut s’exprimer en toute liberté.
La quantité d’énergie nécessaire au fonctionnement d’un élément est mesurée en nombre de visites par an. Les éléments nécessitant la même quantité d’énergie et pouvant être associés par des interactions positives sont réunis dans une même zone. Il s’agit donc d’une planification d’efficacité énergétique.

Par exemple, imaginons une propriété où la maison est située sur une pente importante.

Un poulailler nécessite au minimum 2 visites par jours. Situé à une distance de 50m de la maison, cela fait 73km pentus parcourus par an juste pour entretenir un élément. Le rapprocher davantage de la maison serait donc avantageux. Si vous positionnez votre potager à proximité, vous pourrez récolter les plantes pour le repas tout en vous occupant des poules. Il semble donc judicieux de placer ces 2 éléments côtes à côtes puisque leurs productions sont utilisées quotidiennement. De plus, conduites de manière appropriée, les poules peuvent grandement aider au contrôle des insectes nuisibles dans le potager (se nourrissant au passage) et en même temps le fertiliser grâce à leurs déjections. Tout le monde est gagnant dans ce design.

4. L’analyse sectorielle

C’est l’observation de l’énergie sur le site et la manière dont elle y circule :
– position du soleil en hiver et en été,
– vents dominants,
– points d’eau et inondations potentielles,
– nuisances sonores ou olfactives,
– etc…

C’est aussi le recueil de données (pluviométrie, température mini et max, etc.), ou encore du savoir local permettant d’anticiper des conditions climatiques extrêmes cycliques.

Cette analyse permet de comprendre comment ces énergies influencent la vie sur le site. Le design permet alors de les renforcer ou au contraire de les diminuer afin d’améliorer la productivité.

Par exemple, on pourrait limiter l’énergie éolienne en plantant les arbres perpendiculairement au sens du vent. Inversement, si l’on cherche à utiliser cette source d’énergie, on peut planter les arbres de manière à accélérer la vitesse d’écoulement. Si les arbres sont plantés dans le sens du vent en forme d’entonnoir et que l’on place une éolienne au bout, cela augmentera la production d’électricité.

La carte des analyses sectorielles est associée à celle des zones et modifie ces dernières. Ainsi commencent à apparaître les formes du design (pattern). Ces formes ne sont pas imposées aux sites (travail contre la nature…), au contraire, c’est le site qui nous révèle les formes appropriées au design (travail avec la nature…). Cela donne un grand avantage car on peut alors créer des microclimats bénéfiques qui réduisent le « stress » sur le site.

 

Voici un autre exemple décrit par Warren Brush, formateur en permaculture. Une personne avait fait construire une magnifique villa en Californie par un architecte réputé. L’entrée dans la propriété se faisait par une route bordée d’arbres, aboutissant sur l’entrée de la maison. A la pratique, il s’avéra que la porte principale était inutilisable car dès que quelqu’un l’ouvrait, le vent s’engouffrait violemment à l’intérieur de la maison, faisant tomber des tableaux des murs et renversant les objets posés sur les tables. Bien que l’architecte soit réputé, il n’avait pas pris en compte la direction des vents dominants sur le site (analyse sectorielle). L’allée d’arbres avait été plantée en ligne droite dans le sens du vent, ce qui avait pour effet d’accélérer celui-ci et de le diriger droit sur la porte d’entrée.

5. La notion de « pattern »

En permaculture la notion de « pattern » est centrale. Un pattern est une forme créée par la pression provenant de la rencontre de 2 éléments différents. Par exemple, la pression du vent sur l’océan crée les vagues. Sous l’apparent chaos que nous offre à voir la nature, il existe un ordre. Dans la nature, il existe un nombre limité de formes (la spirale, le cercle, les branches, etc.). Elles ont cependant la capacité de s’exprimer dans un nombre infini de déclinaisons.

La forme en spirale d’une galaxie rappelle, par exemple, la coquille d’escargot. On la retrouve également sur nos pouces. Le même « pattern » se répète à des échelles différentes à l’infini. De même que lorsque lorsque nous sommes placés entre 2 miroirs, nous pouvons observer que l’image se reflète de manière infinie dans une taille de plus en plus petite.

La nature est maître dans l’art d’accumuler et de mettre à disposition de l’énergie. A partir du moment où les règles qui permettent d’aboutir à ce résultat sont comprises, il est possible de jouer avec et de les utiliser avantageusement pour notre propre système. En tant que designer notre objectif n’est pas de recréer ces formes mais de laisser libre cours à ces formes dans notre système afin de pouvoir s’harmoniser avec elles. Nous devons utiliser le « pattern » comme un guide vers une harmonie avec notre environnement. Nous pourrons alors, à l’image de la nature, accumuler de l’énergie et créer du surplus, et donc nous serons plus efficace.

Nous pouvons par exemple décider de réaliser une spirale d’aromatiques. Cette forme permet de créer une quantité importante de microclimats sur un espace réduit. L’exposition variant, il est possible de cultiver sur quelque mètres carrés des plantes aimant l’ombre et la lumière. Une marre au pied de cette spirale permet d’apporter l’humidité propice à certains types de plantes : plus on monte dans la spirale, plus le milieu est sec. Ce système respectant les formes de la nature aboutit sur une diversité impressionnante.

6. La notion de lisière ou bordure

Les écosystèmes naturels les plus productifs de la planète se situent aux points de rencontre de deux éléments différents :
– lorsque l’eau douce rencontre les eaux salées,
– lorsque l’eau rencontre la terre,
– etc.

 

Prenons l’exemple d’une lisière entre une forêt et une prairie. Que pouvons-nous y observer ? Certains animaux sont spécialisés pour vivre en zone de prairie, d’autres en zone de forêt et d’autres en zone de lisière. Cependant, tous, à un moment où un autre, viennent en bordure de leur terrain de prédilection. Que se passe t-il alors ? Imaginons que chacun des trois espaces (prairie, forêt et lisière) contient au maximum cinq espèces spécialisées différentes. La lisière de la forêt peut donc potentiellement en héberger quinze ! Rappelez vous la nature est maître dans l’art d’accumuler et de créer des surplus d’énergie. Il s’agit d’une règle du jeu importante (même si non suffisante) pour créer des lieux d’abondance… c’est en effet dans les bordures que l’on accumule du surplus. Par conséquent, plus notre système comportera de lisières, plus il offrira des opportunités et plus il sera productif.

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Planter des pommes de terre – Une technique facile.

Planter des pommes de terre – Une technique facile.

Voici une des premières expérience menée au jardin expérimental en cette saison 2017 : Cultiver des pommes de terre sous du carton et de la paille, sans les enterrer. Voici comment nous avons procédé :

 

  • Dans la première zone (future forêt comestible), nous avons mis des cartons recouverts de feuilles, herbes, paille … puis nous y avons planté des pommes de terre comme dans la vidéo suivante à 5min40 :
  • Le 23 avril, nous avons continué de planter des pommes de terre dans cette zone. Les premières commençaient à pointer le bout de leur nez. Aucun retard constaté par rapport aux planches de culture bio-intensives. Par contre, le paillage est un peu fin (moins de 10 cm), il faudra l’augmenter. Certaines zones sèches ont été arrosées.

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La visite de la ferme du Bec Hellouin de Permaland

La visite de la ferme du Bec Hellouin de Permaland

Un des avantages de Youtube est de nous faire découvrir, à travers les découvertes de ses membres, des choses exceptionnelles. En voici un exemple avec la visite de la ferme du Bec Hellouin par la chaîne “Permaland”.

“7 octobre 2016
Nous voilà partis en ce pluvieux vendredi d’octobre pour une expédition au fin fond de la Normandie à la découverte de la ferme du Bec Hellouin. Sous un ciel nuageux, nous avons suivi trois heures durant Teddy, notre guide passionné et passionnant, à travers la luxuriance de ce lieu calme et accueillant où le légume est roi. Créée il y a une dizaine d’années par un couple qui, face aux dérives de nos sociétés modernes, a décidé de « faire autrement », cette ferme permacole est un modèle d’abondance dont la productivité hors norme a même suscité l’intérêt des chercheurs de l’INRA.”

 

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Les associations de culture.

Les associations de culture.

Chaque plante est un être vivant qui a des besoins spécifiques et qui “dégage” des composés différents au niveau de ses racines. Ces composés peuvent favoriser la croissance des plantes voisines, ou la défavoriser.

Il faut tenir compte de cet aspect dans l’organisation de son potager afin d’associer des plantes qui vont s’aider mutuellement.

Voici un document qui fait la synthèse des principaux travaux que j’avais trouvé sur le sujet l’année dernière. Certains travaux se contredisent, d’autres vont dans le même sens.

Donc, au plus il y de +, au plus l’association semble favorable.
Au contraire, au plus il y a de -, au plus l’association est à éviter.

Pour télécharger le document, cliquez ici : Associations de cultures par le site Ecolo Verdière

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Les outils à utiliser au jardin.

Les outils à utiliser au jardin.

Voici les principaux outils que nous allons utiliser dans le jardin expérimental de La Verdière.

A] Dans la préparation des parcelles :

  1. La grelinette :

Elle permet d’aérer la terre en profondeur, sans mélanger les couches aérobiques et anaérobiques. C’est le premier outil à utiliser pour préparer une parcelle.

Si jamais vous avez un terrain très hostile, il existe un autre outil similaire, la campagnole.

2. La campagnole :

Vous pouvez l’acheter ici : http://www.lafabriculture.fr/

3. Le croc :

Après le passage de la grelinette, rien de tel qu’un petit passage de croc (ou 4 dents) pour enlever les gros déchets et casser les grosses mottes.

4. Le râteau :

Enfin on affine la terre avant un semis avec le râteau.

B] Pour entretenir les parcelles :

  1. La binette :

Elle permet de couper les mauvaises herbes à leur base sans devoir s’abaisser.

2. Des petits outils pour désherber et repiquer :

Personnellement, j’utilise très souvent le troisième outil. De mai à juillet, c’est l’outil que j’utilise 70% du temps.

3. Des outils pour semer :

En attendant la suite de cette synthèse, vous pouvez vous référer au document suivant proposé par la ferme du Bec Hellouin : Les outils de la Ferme du Bec Hellouin 2016

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Pourquoi faut-il respecter le sol ?

Pourquoi faut-il respecter le sol ?

Souvent nous considérons le sol comme un simple support qui permet aux plantes de tenir “debout”. Les jardiniers savent bien qu’il permet en plus de nourrir les plantes et c’est pour cela qu’ils ajoutent régulièrement du fumier, des engrais, …

Une petite pelle de compost

Une petite pelle de compost, mais pourquoi ?

Mais nous oublions bien souvent à quel point le sol abrite de la vie et bien peu de monde sait comment entretenir cette vie, la favoriser afin que les plantes cultivées s’épanouissent chaque année davantage.

Voici une vidéo des deux experts français du sol pour mieux comprendre mes propos :

Avant d’approfondir nos connaissances sur la vie du sol, nous allons voir quelques moyens à adopter pour la protéger :

  • Éviter de marcher sur le sol pour ne pas le compacter. Donc il faut créer des allées où l’on peut marcher et des zones de cultures interdites aux humains.
  • Éviter d’utiliser des outils motorisés lourds qui vont compacter le sol en profondeur : le tracteur, le motoculteur, …
  • Travailler le sol avec modération avec des outils adaptés comme la grelinette qui vont aérer le sol sans mélanger les couches.
  • Protéger le sol en le paillant ou en y cultivant des engrais verts.
  • Nourrir le sol avec des produits naturels qui favoriseront la production d’humus.

Voici une petite vidéo pour illustrer l’utilisation de la grelinette :

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