Créer le plan de son potager afin de prévoir les rotations et les associations bénéfiques.

Créer le plan de son potager afin de prévoir les rotations et les associations bénéfiques.

1) Définir la taille et la forme de son potager :

La toute première chose à faire est de définir la taille et la forme de son potager. Pour cela deux entrées sont possibles :

– Soit on va dans son jardin mesurer l’endroit où l’on souhaite faire son jardin. Dans ce premier cas, on va partir d’un espace visuel, harmonieux ou répondant aux contraintes du terrain.

– Soit on estime ses besoins en légumes et on trouve dans son jardin un espace correspondant aux besoins. Dans ce deuxième cas, ce sont les besoins de l’individu qui priment et on adaptera le terrain en fonction. Il faut compter environ 50 m² par personne (hors allées) pour aller vers l’autonomie des légumes courants, soit 10 parcelles de 4 mètres par 1,20 m. Il faudra bien plus si l’on souhaite produire des céréales, de la paille, un verger, … Cette superficie est une moyenne, elle dépendra du type de pratique que l’on met en place dans son potager. Certaines pratiques permettent de densifier les légumes et donc d’augmenter les rendements par unité de surface.

Ici, nous n’allons pas nous préoccuper de l’aménagement du terrain, on va supposer que le potager est prêt.

Néanmoins, voici quelques conseils adaptés au climat du haut Var :

– Travailler avec des parcelles qui mesurent 4 m de longueur et entre 0,75 m et 1,20 m de largeur.

– Prévoir un arrosage goutte à goutte (2 lignes pour 0,75 et 3 à 4 lignes pour 1,20 m).

– Utiliser du paillage pour protéger la terre en hiver, le diminuer au printemps pour la terre se réchauffe, puis l’augmenter en été pour conserver l’humidité.

– Éviter de travailler en butte, sauf au printemps en zone humide.

Nous sommes tous à présent avec un plan de notre futur potager qui ressemble en général à un rectangle. Certains auront eu la bonne idée de créer un mandala ou une spirale, il faudra adapter les conseils qui suivront, mais les principes restent les même.

0,75 m de largeur

Allée permanente (largeur d’une planche de coffrage ou de la tondeuse)

0,75 m de largeur

Allée permanente (largeur d’une planche de coffrage ou de la tondeuse)

0,75 m de largeur

Allée permanente (largeur d’une planche de coffrage ou de la tondeuse)

0,75 m de largeur

Allée permanente (largeur d’une planche de coffrage ou de la tondeuse)

0,75 m de largeur

4 m de longueur

Conseil :

Je vous conseille de tracer votre arrosage avec un code couleur (trait bleus tuyaux goutte à goutte, points noirs pour les T et point rouge pour les robinets)

Attention : Si c’est votre premier potager, commencez très petit et augmentez la taille chaque année.

2) Définir la liste des légumes à planter :

 

Si c’est votre premier potager, ne plantez que vos légumes préférés dans un premier temps, et un petit nombre. Par exemple, la première année, plantez 5 pieds de tomates dont 2 cerises, 10 pieds de pomme de terre, 20 pieds de fraisiers, 5 salades et un sachet de radis. La deuxième année, vous augmentez les quantités en fonction de vos besoins, puis ajoutez une nouvelle sorte de légume.

Sinon, faites vous plaisir, pour définir la quantité nécessaire, nous vous proposons le document suivant qui a été construit par nos soins : Quantité à planter pour une famille de 4 personnes.

Bilan n°1 :

On a :

– un plan du potager

– une liste de légumes avec le nombre de rangs, la quantité de graine, les distances et les dates de plantation.

Nous allons à présent améliorer le plan afin de pouvoir y intégrer les rangs des légumes et l’occupation pendant la saison. Mon conseille sera de diviser une parcelle de 0,75m en 3 ou 4 rangs. En général j’utilise 3 rangs qui sont délimités par les lignes de goutte à goutte.

0,75 m de largeur

Allée permanente

0,75 m de largeur

Allée permanente

0,75 m de largeur

Allée permanente

0,75 m de largeur

Allée permanente

0,75 m de largeur

4 m de longueur Printemps Rang 1 Rang 2 Rang 3 R1 R2 R3 R1 R2 R3 R1 R2 R3
été R1 R2 R3 R1 R2 R3 R1 R2 R3
automne R1 R2 R3 R1 R2 R3 R1 R2 R3
hiver R1 R2 R3 R1 R2 R3 R1 R2 R3

Attention :

Première vérification ! Il faut comparer le nombre de rangs disponibles sur la parcelle et le nombre de rangs nécessaires à la culture des légumes prévus. Il ne faut pas que le nombre de rangs de légumes soit beaucoup plus grande que le nombre de rangs disponibles au potager, sinon ça va être très compliqué !

Sur notre exemple, on a 15 rangs disponibles. En général, on peut faire, 1 culture et demie par an sur chaque rang, donc il ne faut pas prévoir plus de 22 rangs de légumes.

Exemple : Plan de mon potager – saison 2019

Mais si on ne veut pas des rangs ? Pas besoin de faire de plan, il faut planter de tout partout !

Oui mais pour planter de tout partout sans faire de mauvaises associations, il faut tout de même un plan.

Voici un exemple réalisé par Richard Walgner qu’il propose sur son site internet « imagine un colibri » :

3) Gérer la rotation des cultures :

Certaines plantes n’aiment pas pousser après d’autres plantes. Les jardiniers l’ont compris car elles poussent moins bien, ou sont plus souvent malades.

Une manière assez simple serait de faire :

Année 1

Année 2

Année 3

Année 4

Légumes-graines car apportent de l’azote au sol

Légumes-feuilles car gourmands en azote

Légumes-racines

car travaillent le sol en profondeur

Légumes-fruits
+ compost

Mais il existe de nombreuses variantes, chacune ayant des avantages et des inconvénients. Voici un document pour le faire par famille botanique :

Les rotations permettent de :

  • Limiter la concentration des parasites et pathogènes sur la parcelle en coupant leurs cycles de reproduction.
  • Prospecter le sol à différentes profondeurs, en alternant des plantes ayant des systèmes radiculaires différents.
  • Alterner des cultures ayant des besoins minéraux différents : Légumes racines ou tubercules / Légumes feuilles / Légumes fruits et graines
  • Maintenir les terres propres grâce à l’alternance de cultures faisant appel à des techniques différentes de lutte contre les adventices ( Paillage, Sarclage, Buttage)
  • Assurer la fertilisation de fond
  • Optimiser l’occupation des sols
  • Assurer la pollinisation en intercalant des plantes mellifères

Bilan n°2 :

On a :

– Un plan du potager divisé en saison et en rangs de culture (précisons que certains légumes utiliseront plusieurs rangs : courge, courgette, …)

– Une liste de légumes avec le nombre de rangs, la quantité de graine, les distances et les dates de plantation.

– Un principe de rotation des cultures établi à partir des cultures les plus importantes.

Dans mon cas, j’ai une culture dominante de fraise, de pomme de terre, de salades et de tomates. Je vais donc travailler sur la rotation suivante (donc je ne respecte pas tout à fait les principes énoncés précédemment) :

Parcelle A

Parcelle B

Parcelle C

Parcelle D

2019

Fraisiers pendant 3 ans

Salades

Tomates

Pomme de terre

2020

Fraisiers pendant 3 ans

Tomates

Pomme de terre

Salades

2021

Fraisiers pendant 3 ans

Pomme de terre

Salades

Tomates

4) Placer les légumes principaux puis secondaires :

Je vais sur mon plan, placer les légumes principaux, ceux que je vais cultiver en grand nombre en tenant compte de leur durée d’occupation dans le rang.

0,75 m de largeur

Allée permanente

0,75 m de largeur

Allée permanente

0,75 m de largeur

Allée permanente

0,75 m de largeur

Allée permanente

0,75 m de largeur

4 m de longueur

Fraisiers

Fraisiers

Salades

Pomme de terre

Pomme de terre

Salades

Tomates

Salades

J’ai ainsi ma rotation de légumes qui sera assurée pour les légumes que je cultive le plus.

Maintenant je vais ajouter les légumes « secondaires » en fonction de divers critères :

– une association bénéfique

ou / et

– la place disponible au fil de la saison / la place de la culture.

– Le temps de culture du légume.

– La culture dérobée : on va faire un semis le long d’une culture quelques semaines avant sa récolte.

Par exemple,

– je vais repiquer les poireaux après avoir récolté les pommes de terre.

– je peux semer des radis au printemps puis repiquer mes salades 6 semaines plus tard.

– je peux entre mes fraisiers planter de l’échalote au mois de mars, la récolter en août, puis y semer un engrais vert.

Voici un document maison, qui fait la synthèse de plusieurs documents sur l’association de culture : Associations de cultures

 

Vous pouvez également utiliser une application : GIY Permaculture.

5) Compléter les trous avec des engrais verts :

En général, il y a beaucoup de zones qui ne sont pas occupées en automne et en hiver. Nous vous conseillons d’y semer des engrais verts afin de :

  • Éviter le sol nu (érosion, dessèchement, compactage).
  • Enrichir le sol en éléments nutritifs (légumineuse pour l’azote ; moutarde et sarrazin pour le phosphore ; brassicacée pour le potassium).
  • Étouffer mauvaises herbes ou éviter de leur laisser de la place.
  • Structurer et aérer le sol avec système racinaire qui se développera pendant une longue période (avoine, seigle, luzerne).
  • Favoriser l’activité biologique due à la décomposition de matières.
  • Prévention contre les maladies.
  • Nourrir les pollinisateurs (phacélie)

Le principe des engrais verts est de ne pas récolter la culture, mais de la faucher puis de la laisser se décomposer sur place comme le paillis (on peut éventuellement la broyer), pour une restitution des éléments à la culture suivante. Le meilleur moment pour détruire un engrais vert est juste avant la floraison, c’est à ce moment que la plante est la plus riche, mais les insectes n’en profiteront pas …

Les engrais verts de printemps ont pour fonction d’occuper le sol de la sortie de l’hiver jusqu’aux cultures de fin de printemps ou d’été. Ils doivent avoir une croissance rapide et supporter des températures encore froides.

Les engrais verts de début d’été seront semés après les récoltes précoces et seront fauchés en automne ou laisser en place durant l’hiver. Il faut donc des espèces qui puissent résister à la sécheresse (sarrasin, radis fourrager)

Les engrais vert d’automne occuperont l’espace jusqu’au printemps suivant. Souvent ils s’utilisent en association, (seigle-vesce, avoine-pois). On peut aussi semer des espèces au cycle court comme moutarde et phacélie mais si l’automne est doux ils auront le temps de monter en graines.

Brassicacées :

Elles se développent rapidement et concurrencent les mauvaises herbes, libèrent des composés soufrés qui désinfectent le sol, captent efficacement l’azote, la plupart ont une racine pivot, leurs fleurs attirent les insectes butineurs. Mais il faut faire attention car elles font partie de la même famille que de nombreux légumes cultivés.

Moutarde : Mars à Septembre Pousse rapidement, implantation facile, généralement automne.

Capte bien l’azote, peu exigeante, résiste bien froid, fleurs mellifères.

Légumineuses :

Ces plantes ont la particularité de fixer l’azote atmosphérique, afin d’enrichir le sol en azote. Leur développement est généralement lent, elles doivent rester au moins 4-5 mois en place pour être efficace. Il faut donc les utiliser comme engrais vert d’hiver ou en rotation longue.

Vesce : Mars à Mai, Août à Septembre : Bonne couverture du sol, elle résiste bien au froid, craint la sécheresse et s’associe bien avec l’avoine et le seigle.

Luzerne : Mars à Mai, Août à Septembre : Système racinaire profond, elle résiste à la sécheresse, et à la terre calcaire, forte fixation azote, destruction longue.

Graminées :

Elles ont un système racinaire, dense et profond, développement assez rapide, peuvent être fauché 3 mois après le semis. Riche en carbone qui en se décomposant va augmenter la dose d’humus.

Seigle : Septembre à Octobre : Résiste bien au froid, pousse en terre pauvre, secrète des substances qui inhibent la croissance d’autres plantes.

Avoine : Mars/avril et Septembre/octobre : Se sème généralement avec une légumineuse.

Autres :

Phacélie : Mars à Septembre : Croissance rapide, implantation facile, fleurs mellifères, peu exigeante, n’appartient pas à la même famille que les légumes.

Lin : Mars à juin : Décompacte sol, efficace en terre lourde, riche en carbone, croissance rapide, fauché 8 à 10 semaines après semis (bénéfique en association avec les pommes de terre.

Bourrache : Mars à Septembre : Elle a une racine pivot qui décompactera les sols tassés, ses feuilles sont riches en salpêtre (potassium), développement rapide.

Sarrasin : Avril à Août : Croissance très rapide, préfère les sol pauvres et acides, il résiste à la chaleur mais peu au gel, bon nettoyeur.

 

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