Quelles sont les solutions pour réduire l’impact de nos déchets ?

Quelles sont les solutions pour réduire l’impact de nos déchets ?

Comment valoriser nos déchets organiques avec le compostage ?

Introduction : Constat de la problématique des déchets.

Aujourd’hui, en moyenne, un habitant produit environ 590 kg de déchets par an. 30 à 40 % de ces déchets sont d’origine organique et peuvent être compostés. Ces chiffres révèlent bien l’importance de composter nos biodéchets afin de réduire le contenu de nos poubelles à traiter par les collectivités. C’est ainsi que nous réduirons les émissions de CO2 liées à la collecte, l’incinération ou au stockage, tout en responsabilisant les foyers sur la gestion des déchets.

De plus la collecte des déchets coûte cher et coûtera de plus en plus cher. En réduisant le poids de nos poubelles, en compostant nos déchets, on pourrait limiter les augmentations liées à la collecte et au traitement des déchets.

 

Exemple de tarifs de traitement

Type de traitement Exemple de tarifs de traitement (TGAP exclue)
Incinération de DIB et ordures ménagères 70 à 120 €/t
Compostage 30 à 60 €/t
Méthanisation 30 à 70 €/t
Incinération de déchets dangereux De 0 à 1 000 €/t ou plus suivant les déchets : Exemples : eaux peu souillées : 100 €/t. aérosols : 800 à 1 000 €/t.
Stockage en centre d’enfouissement technique de classe 1 (CET1) 120 à 240 €/t voir plus si une stabilisation du déchet est nécessaire

Source : ADEME (2013)

Exemple de tarification pour un traitement par recyclage

Type de déchet Exemple de tarifs hors TGAP
Cartons Entre 0 et 50 €/t
Films plastiques Entre 0 et 150 €/t

Source : ADEME (2013)

Donc pour une famille de 4 personnes, l’économie théorique serait d’au moins 150 € par an.

Il faudrait également modifier nos modes de consommation afin de limiter les déchets générés par les grandes surfaces. En France, on estime que près de 10 millions de tonnes de nourriture consommable sont jetées chaque année. (Sans parler des déchets liés à la vente par correspondance : jouets, multimédia, …)

Faut-il chercher à réduire nos « bio-déchets » ?

Qu’est-ce qu’un bio déchet ?

Les biodéchets correspondent aux déchets organiques issus de ressources naturelles végétales ou animales. Ils sont constitués principalement des déchets de cuisine (épluchures de légumes et autres restes alimentaires) et des déchets verts du jardin (tailles de haie, tonte de gazon, feuilles mortes…). 

Les biodéchets ont la capacité de « pourrir », c’est pourquoi on les appelle également putrescibles ou fermentescibles.

Tous ces déchets sont nécessaires à notre vie, les réduire serait une mauvaise idée car on peut les valoriser en engrais ou en énergie. Par contre il est nécessaire de diminuer tous les déchets qui ne sont pas nécessaire à notre vie : les déchets plastiques par exemple.

Une large partie des biodéchets est encore aujourd’hui incinérée ou enfouie. Ces modes de traitements conduisent à des pollutions diverses et à un gaspillage de ressources énergétiques. C’est pourquoi il est urgent de les séparer à la source afin de les valoriser.

A quoi pourrait bien servir ces bio-déchets ?

– Ils peuvent nourrir des animaux (poules, cochons, insectes, vers …). Ces animaux peuvent alors nourrir l’homme (poules, cochons, …) ou d’autres animaux d’élevage (vers, insectes pour nourrir des poissons, des poules, …).

– Ils peuvent être transformés en compost afin de faire pousser des plantes qui nourriront l’homme.

– Ils peuvent fournir de l’énergie pour nos maisons.

– Ils peuvent être transformés pour aménager l’espace public de façon à limiter les interventions de l’homme : paillage avec du broyat de bois des massifs afin de diminuer les désherbage et les arrosages (donc moins d’employés à affecter à ces tâches).

Comment valoriser nos bio déchets ?

1) En les brûlant ! Non … mais pourquoi pas ?

Nous sommes encore nombreux à brûler des feuilles et des branches dans nos jardins, pourtant cette pratique est désormais interdite dans la plupart des cas. Une tolérance est accordée lorsque l’on débroussaille son terrain afin de se mettre en conformité avec la loi. Au delà des risques d’incendie que peut générer cette activité, il faut savoir qu’elle est 1 000 fois plus polluante que celle générée par les incinérateurs. En effet, 50 Kg de déchets verts brûlés émettent autant de particules fines, toxiques pour l’homme et l’environnement, que 9 800 km parcourus pour une voiture diesel (ref: Ademe)   

Quelle valorisation peut-on attendre de choses que l’on brûle ? Malheureusement pas grand-chose, surtout si on le fait sur un tas au milieu du jardin.

– Si les quantités sont faibles, on peut envisager de garder les branchages pour le barbecue ou le four à pizza.

– Trouver un moyen de les brûler en récupérant la chaleur pour la maison …

– Si les quantités sont importantes et qu’il n’y a pas de moyen de transport, de broyer ou de laisser se décomposer pendant de nombreuses année, on peut les brûler afin de fabriquer du micro charbon. Ce micro charbon sera incorporé à la terre afin d’améliorer sa fertilité. (Terra preta : sols ont été créés par l’homme entre -800 et 500, et sont d’origine précolombienne).

2) Mulcher.

Mulcher (pailler) est la façon la plus simple de valoriser vos déchets. Cette technique consiste à déposer vos bio-déchets à la surface des zones que vous cultivez. Par exemple, aux pieds des arbres, vous pouvez déposer des petits branchages broyés ou coupés en petits morceaux de 15 cm. Pour les épluchures de légumes, déposez les au potager, si vous les recouvrez d’un peu de paille ou d’herbe coupée, l’aspect esthétique sera conservée.

Les feuilles de la terrasses trouveront également leur place à la surface du jardin, pourquoi pas au pied des rosiers.

Avec le paillage on essaie de copier la nature en essayant de recréer une litière forestière qui prévient le phénomène de croûte sur la terre nue soumise aux pluies et aux arrosages, limite le dessèchement en évitant l’évaporation, ainsi que les écarts de températures et facilite le travail du jardinier car réduit le tassement des sols et le désherbage.

Il faut préciser qu’un système forestier, n’est pas un modèle à copier à l’identique pour nos potager car la façon dont les plantes annuelles se nourrissent, diffère de celle des arbres de la forêt. Il faut s’inspirer du principe.

Cette technique permet à la fois d’enrichir votre sol en matière organique et de stimuler la vie. Pourquoi est-ce important de stimuler la vie du sol ?

Car dans un sol vivant, où l’on nourrit la vie avec des bio-déchets, la multitude d’organismes s’y développant vont nourrir les plantes d’une part et aérer la terre. Ainsi lors de fortes pluies, l’eau s’infiltrera rapidement, lors des semis, les racines iront rapidement en profondeur, …

Attention à la fin d’azote ! Le paillage trop carboné (bois, paille, …) consomme de l’azote pour se décomposer. Si au même moment vous avez des plantes gourmandes en azote, elles pousseront moins bien. Cependant dans un deuxième temps, la décomposition de ce paillage carboné apportera une grande quantité d’azote. Les recherches faites autour du mouvement « maraîchage en sol vivant » démontrent que plus l’on met de carbone sur un sol, plus il fournit de l’azote s et autres nutriments nécessaires aux plantes.

3) En créant un élevage.

Le plus simple est d’élever 3 poules pondeuses afin d’éliminer tous vos déchets de cuisine. C’est l’un des élevage les plus économique. Pour trois poules, comptez 10 € de graines par mois (maximum), en échange elles mangeront tous les déchets de cuisine et vous donneront une quarantaine d’œufs (soit environ 15 €).

Dans le cadre de son programme « territoire zéro déchet, zéro gaspillage », la Communauté de Communes Cœur du Var a expérimenté le programme “Adopte une poule”, belle initiative pour valoriser nos déchets.

Pourquoi ne pas composter !

La méthode la plus connue pour éliminer les bio-déchets est le compostage.

Définition : Processus naturel de décomposition de la matière organique par le biais de micro organismes, de champignons et de petits invertébrés, en présence d ‘eau et d oxygène.

Que peut-on composter ?

– matière humide riche en azote : épluchure fruits et légumes, fleurs coupées fanées, marc de café, sachet de thé, reste de pain, tonte de gazon, …

– matière sèche riche en carbone : broyat de branche, paille (lavande …), sciure copeaux de bois, feuilles mortes, essuie tout, coquille d œuf, herbes sèches sans graines, cendre de bois, carton, papier, …

– ne pas mettre : plastique, tissu synthétique, grosse branche, terre*, sable, sauces, graisses, huiles …

Différentes techniques :

Dans un composteur en plastique, ou en bois, verser ses déchets de cuisine et refermer le couvercle. Peu à peu les bactéries, vers de terre, limaces, insectes … décomposeront vos déchets. Cette technique est idéal si vous n’avez pas beaucoup de terrain et que vous n’avez pas besoin de compost pour votre jardin.

L’encombrement et la nuisance visuelle seront réduits. Ce compostage semble plus rapide car on offre un milieu protégé des aléas climatique.

Il sera normal de récupérer que très peu de compost car ces déchets de cuisines sont très riches en eau, azote et très peu en matière carbonée

Dans un lombricompost, il suffit de placer vos déchets de cuisine au dessus. Idéal pour ceux qui n’ont pas de jardin et qui veulent un peu de terreau pour leur plante en pot.

Tous les vers ne se valent pas, il vous faudra des vers rouges du fumier appelés  Eisenia foetida, qui minéraliseront rapidement la matière organique. Le compost aura besoin de beaucoup d’oxygène et d’une température comprise entre 15 et 25°degré pour un fonctionnement idéal. Il faudra une humidité permanente car les vers ne pourront pas se réfugier dans le sol, mais pas excessive pour éviter le développement de moucherons ou la mort des vers. En cas d’excès d’humidité, il suffit d’ajouter du carton.

Pour débuter il vous faudra environ 50 vers pour dégrader environ 100 gr de déchets par jour (car ils se multiplieront rapidement). En moyenne, ils sont capables de manger 1 fois leur propre poids par jour.

Le compostage en 4 tas (ou bac) : C’est la « véritable » technique pour fabriquer du compost de bonne qualité en grande quantité. Lorsque les conditions sont réunies, c’est la méthode la plus rapide.

Le premier bac (ou tas) sert à stocker les déchets. Dans ce bac certains déchets peuvent commencer à se décomposer comme dans un composteur classique.

Le deuxième bac sert à faire une première montée en température. Pour cela on va prélever les déchets du premier tas pour remplir le deuxième en mélangeant différentes catégories de matériaux (carbonés / azotés, humides /secs, grossiers / fins) en veillant à bien humidifier chaque couche. Par exemple, une couche d’herbe, une couche de feuilles, une couche de déchets de cuisine, une couche de paille, une couche de déchets verts de jardin, une couche de fumier.

L’aération des matières : les micro-organismes utiles au compostage ont besoin d’oxygène pour travailler, sinon ils sont remplacés par des organismes qui dégradent la matière en anaérobie et produisent du méthane, dégageant une odeur malodorante et révélatrice d’un mauvais fonctionnement du composteur. Pour cela il faudra avoir un peu de matière grossière dans vos couches, par exemple en ajoutant quelques branchages entre chaque couche. À l’intérieur du tas, la température montera à environ 60°.

Après environ 10 jours, la température baissera, signe qu’il manque d’oxygène et / ou d’humidité. C’est à ce moment qu’il faut transférer le tas n°2 sur le tas n°3. En profiter pour humidifier si nécessaire. Le dessus passe alors en dessous et vos couches commencent à se mélanger. Laisser ce tas au moins trois semaines.

Ensuite transférer le tas n°3 sur le tas n°4. Il est conseillé de tamiser avec un filtre composé d’un grillage à poules de grosses mailles.

Les déchets difficiles à composter : certains déchets sont plus difficiles à composter (agrumes, avocat, …)

L’utilisation du compost.

Le processus de compostage peut prendre entre 2 mois et deux ans.


Avant maturité du compost, il peut être utilisé en paillage sur la terre (pieds des arbres, culture déjà avancée), mais ne devra pas être enfouie dans le sol car peut nuire aux jeunes plants.


A maturité (aspect homogène, couleur sombre, odeur agréable, structure grumeleuse), il pourra servir d’amendement organique (1 à 5 L/m2), support de culture (en mélange terre/compost), pour l’entretien des arbres fruitiers et arbustes (3 à 5 kg/m2), ou leur plantation (env 20 % dans le trou), mais aussi pour la pelouse, les vivaces, les semis et les jardinières.

Au potager :

Les plantes à forts besoins : (3 à 5 kg/m2/an) artichauts, céleri, poireau, cucurbitacées, solanacées et maïs.

Les plantes aux besoins moyens : (1 à 3 kg/m2/an) asperges, betteraves, carottes, épinards, haricots, laitues, persil, petits pois.

Les plantes à faibles besoins : peuvent se passer d’apport de compost : ail, échalotes, oignons, choux, mâche, cresson, endives, fèves, navets , radis.

Le compost autrement.

– Le compostage collectif.

– Le compostage liquide pour cuisiner.

– Le compostage pour chauffer sa maison.

– Le compostage pour fabriquer du bio-gaz.

– Les toilettes sèches ?

Gros plan :

La présence de nombreux animaux révèle la bonne santé du compost, ils sont en effet très utiles pour transformer les déchets végétaux en compost.


Ils peuvent être classés en fonction de leur taille et de leur arrivée dans le composteur :

– La microfaune, organismes de très petite taille (entre 0,002 microns et 2 mm) :

# Les bactéries qui, par fermentation, commencent la décomposition des différents types de déchets que l’on accumule en couches successives de vert et de brun. Ces bactéries, qui sont les premiers acteurs de la transformation, provoquent une montée en température, signe que la fermentation a démarré.

# Viennent ensuite les champignons (filaments blanchâtres) lorsque les températures sont inférieures à 30°C, complémentaires des bactéries, ils décomposent la matière organique morte, des éléments durs comme la lignine et transforment la matière organique en carbone minéral (assimilable par les plantes).

– Puis la macrofaune, visible à l’œil nu, avec :

# Les collemboles, qui se nourrissent principalement des végétaux en décomposition et de la microfaune (champignons, bactéries et algues) présents dans le compost. Ils sont dotés d’un appendice leur permettant de faire des bonds pour se déplacer ou fuir leurs prédateurs.

# Les acariens font partie de la famille des arachnides. Certains d’entre eux sont des décomposeurs et se nourrissent de matière végétale et de champignons de consistance plus dure. D’autres sont des prédateurs de collemboles notamment.

# Les cloportes sont des crustacés terrestres, qui fragmentent les déchets organiques en plus petits morceaux. Ils sont très friands de tout ce qui contient de la lignine, comme le bois ou encore les racines, ils facilitent le travail de digestion pour les autres décomposeurs qui vont suivre.

# Les mille-pattes, qui font aussi partie des premiers ouvriers du compost, pré-mâchent la nourriture pour faciliter la dégradation de la matière pour les suivants.

# Les limaces et escargots, qui sont généralement les plus visibles, sont souvent que de passage pour venir se nourrir de matière végétale fraîche.

# Les Coléoptères (cétoine, staphylins…) se nourrissent de toutes matières qui y est déposée, sans distinction de dureté ou d’humidité. Ainsi matière végétale, matériaux ligneux, insectes et même limaces sont leur victime quotidienne. (ex : des gros vers blancs)

# Les vers de terre, c’est la macrofaune qui s’installe en dernier et qui jouent un rôle essentiel par la digestion de la nourriture préparée par les acteurs précédents, ils transforment ce qu’on appelle le pré-compost en  compost. Ils peuvent manger jusqu’à leur poids par jour, ce sont les champions des composteurs ! Ils contribuent également à l’aération et au brassage du compost grâce à leurs  galeries. Les vers de fumier sont dits «épigés». Ils vivent en surface du sol ou dans les tas de compost. Leur zone de confort se situe entre 15 et 25°C où ils sont particulièrement actifs. En dessous de 0°C et au dessus de 30°C, ils meurent. Ils sont particulièrement efficaces dans la dégradation des matériaux organiques tendres et humides. Pour se reproduire, ce ver pond des cocons, jaune orangé, d’environ 1 ou 2 mm. Il est fréquent d’en observer dans le tas de compost. Un individu peut donner naissance à 500 petits en une année.


#Le compost peut également abrités ponctuellement des animaux inattendus, qui sont attirés par l’abri, la chaleur ou la nourriture que fournit le compost. On pourra retrouver l ‘orvet qui chasse de nombreux invertébrés, le hérisson (chasseur des limaces et escargots), souris campagnol et mulots

Insectes divers : il est également possible de voir des fourmis, des araignées, des forficules, guêpes, larve de mouches….

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